Salaires minimums : « Aucune organisation syndicale n’a signé l’accord » (Fabrice Nicoud, CFE-CGC)

24/02/2025

Salaires minimums : « Aucune organisation syndicale n’a signé l’accord » (Fabrice Nicoud, CFE-CGC)

« La CFE-CGC Métallurgie ne signe pas la proposition de l’UIMM relative à la revalorisation des salaires minimums de la branche de la Métallurgie, à l’issue de la dernière négociation, depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle convention collective le 01/01/2024. La faute en revient à la partie patronale qui est restée bloquée sur une proposition de revalorisation de 0,9 % en moyenne, alors même que les prévisionnistes s’accordent sur une inflation probable de plus de 1,4 % en France pour 2025 », déclare Fabrice Nicoud, président de la fédération CFE-CGC de la Métallurgie, à News Tank le 24/02/2025.

« La CFE-CGC Métallurgie regrette cette occasion manquée par l’UIMM d’accorder ses actes à ses communications pour faire aimer l’industrie. Elle ne comprend pas son refus de garantir une revalorisation juste des salaires d’embauche qui sont aussi un outil puissant pour attirer les compétences attendues dans les entreprises de la branche. Nous militons avec conviction pour que notre pays se réindustrialise, condition indispensable à notre indépendance stratégique. »

Fabrice Nicoud répond à News Tank

Quel est le contexte de la négociation des salaires minimums dans la métallurgie ?

Le contexte de la négociation des salaires minimums dans la métallurgie a évolué avec l’introduction d’une nouvelle convention collective nationale depuis le 01/01/2024.

Auparavant, il existait 78 conventions collectives, dont 76 étaient territoriales et deux nationales, ce qui entraînait des négociations des salaires minimums très disparates d’un territoire à l’autre.

Avec la nouvelle convention, les salaires minimums sont désormais négociés au niveau national pour tous les employés, qu’ils soient cadres ou non-cadres.

« L’image que cela donne de la branche est négative »

Le contexte de cette négociation est donc caractérisé par une centralisation des discussions sur les salaires, une forte pression inflationniste, et des attentes des syndicats qui n’ont pas été satisfaites, entraînant un climat de mécontentement.

L’image que cela donne de la branche est négative. Elle semble ne pas faire d’efforts pour attirer et retenir les talents, malgré les difficultés de recrutement qu’elle rencontre.

Pourquoi l’accord sur les salaires minimums n’a-t-il pas été signé ?

La faute en revient à la partie patronale qui est restée bloquée sur une proposition de revalorisation de 0,9 % en moyenne, alors même que les prévisionnistes s’accordent sur une inflation probable de plus de 1,4 % en France pour 2025.

Cette proposition est inacceptable pour la CFE-CGC Métallurgie, alors que :

  • depuis des années les entreprises se plaignent de difficultés de recrutement ;
  • la nouvelle Convention collective se voulait un outil d’attractivité ;
  • de très nombreux jeunes formés pour des métiers de l’industrie choisissent une autre voix après leurs études.

« Nous militons avec conviction pour que notre pays se réindustrialise, condition indispensable à notre indépendance stratégique »

La CFE-CGC Métallurgie regrette cette occasion manquée par l’UIMM d’accorder ses actes à ses communications pour faire aimer l’industrie.

Elle ne comprend pas son refus de garantir une revalorisation juste des salaires d’embauche qui sont aussi un outil puissant pour attirer les compétences attendues dans les entreprises de la branche.

Nous militons avec conviction pour que notre pays se réindustrialise, condition indispensable à notre indépendance stratégique. Mais il n’y aura pas d’usines et de bureaux d’études sans salariés voulant participer à cette ambition.

Ces premières négociations sont un échec dont la seule responsabilité incombe à la partie patronale.

De plus, les revalorisations proposées par l’UIMM n’étaient pas homogènes, certaines catégories de la grille de classification recevant des augmentations inférieures à 0,8 %.

Cela a été perçu comme injuste, notamment pour les coefficients où se trouvaient le plus grand nombre de salariés.

En conséquence, aucune organisation syndicale n’a signé l’accord, ce qui est une première depuis 2010 au niveau national.

Les salaires minimum 2024 continueront donc à s’appliquer en 2025.

Quelles seront les conséquences de l’échec de cet accord ?

Nous ne disposons pas de statistiques officielles pour savoir combien de salariés sont payés au niveau de ces salaires minimums, mais globalement, c’est un nombre assez faible.

En effet, la plupart des salariés sont payés bien au-delà des salaires minimums.

Les entreprises ont eu là une position extrêmement dure, extrêmement dogmatique, que j’ai du mal à comprendre si ce n’est par la peur du contexte géopolitique, politique et économique du pays.

Quelles sont vos revendications concernant les salaires de la branche ?

Nos principales revendications concernant les salaires minimums incluent :

« La proposition de l’UIMM d’une augmentation moyenne de 0,9 % désavantage certaines catégories de salariés »

  • Préservation du pouvoir d’achat : nous demandons une augmentation des salaires minimums d’au moins 1,4, en ligne avec les prévisions d’inflation ;
  • Équité dans les augmentations : nous souhaitons que les augmentations soient homogènes et justes à travers les différents coefficients de la grille de classification. La proposition de l’UIMM d’une augmentation moyenne de 0,9 %, avec des variations significatives entre les coefficients, désavantage certaines catégories de salariés ;
  • Attraction des talents : il est important d’augmenter les salaires pour attirer et retenir les jeunes talents, notamment les techniciens et ingénieurs, dans un contexte où les entreprises affirment rencontrer des difficultés de recrutement.

Ces revendications visent à garantir que les salaires minimums reflètent non seulement le coût de la vie, mais aussi les besoins des travailleurs dans un environnement économique en évolution.


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